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exposition L'Alchimiste, 2004 Bruxelles

Thomas Jodogne reçoit très jeune une formation classique en dessin et peinture. Il approche la sculpture, la gravure et se passionne pour l'architecture.
Son univers graphique a évolué vers une simplicité toujours plus grande, parfois hermétique, qui donne une importance renouvelée à l'espace blanc du papier. On remarque la prise en considération du trait pour lui-même, de la ligne qui croît et se divise. Le tracé naît d'un jeu entre le poignet, la main, le crayon et la feuille, pour le plaisir.
Il travaille le dessin comme un journal intime, captant la forme d'un geste, telle une main, ou l'ombre évanescente d'une pièce. Chacun de ces dessins se perçoit comme une tentative pour capter la trace de ces humeurs qui font la lumière particulière du quotidien. Il élabore généralement ses recherches de façon rapide et sérielle sur des supports tels que carnet et feuilles volantes :

" je travaille de très nombreuses fois certains sujets afin d'en tirer l'essentiel. Un seul dessin n'arrive souvent pas à exprimer toute la complexité des choses. La série s'élabore en pelure d'oignon, couche après couche ".

Il peut arriver que ces recherches constituent une base de travail pour l'élaboration de compositions plus complexes exécutées en peinture, en sculpture, ou sous forme d'installation.
Si les sujets sont le plus souvent inspirés des choses familières, il lui arrive ça et là de glaner des images d'origines diverses, et de les classer ensuite. Son atelier est fait d'accumulations, de dépôts et de rangements successifs. C'est cet univers chaotique, ensemble d'objets appropriés, qui vient furtivement nourrir ses compositions et ses émotions. Et s'ils semblent dérisoires, ils ne sont pas choisis au hasard. Ils sont l'incarnation quotidienne d'une obsession sentimentale, formelle ou conceptuelle du dessinateur. Ils catalysent les recherches en cours.

Arnaud Gsell
juillet 2001